Une histoire du poker à fortes mises

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Le soccer a la Ligue des champions. Le football a le Superbowl. Le basketball a les séries éliminatoires de la NBA. Le hockey a la Coupe Stanley. L’athlétisme a les Olympiques.

Pour compétitionner à ces événements, il faut avoir atteint le plus haut niveau d’un sport. Ces arènes consacrées à l’athlétisme et à l’excellence sont l’apanage des gladiateurs que sont les meilleures équipes et les meilleurs athlètes au monde.

Mais qu’en est-il du poker?

Comment le monde du poker distingue-t-il bon et grandiose?

Pendant longtemps, quand il était question de poker en tournoi, tous les regards se braquaient sur les World Series of Poker (WSOP) et sur le nombre de bracelets remportés. Or, les choses ont changé ces dernières années. Les tournois à buy-in à 25 000 $ gagnent en popularité. En conséquence, un nouvel ordre de vedettes émerge dans le monde du poker, d’un éclat comparable à celui de la trépidante période des parties à l’argent à fortes mises qui étaient télédiffusées.

L’arrivée des buy-in du Nose Bleed Tournament

En mai 2017, 888poker a commandité le Super High Roller Bowl (SHRB) du Aria, à Las Vegas, dont le buy-in était de 300 000 $. Six Aria High Rollers flanquaient ce buy-in colossal, chacun demandant un buy-in allant de 10 000 $ à 100 000 $, en plus de tous autoriser un rachat. Un joueur pouvait donc être dans le rouge à hauteur d’un million de dollars s’il choisissait de participer à tous les événements au calendrier sans y faire un seul gain.

Par contre, trois joueurs ont empoché plus d’un million de dollars au cours de ces Aria High Rollers et deux autres les talonnaient avec des gains respectifs de 900 000 $ et de 800 000 $.

Et n’oublions pas les papillons au ventre que nous a procurés le SHRB lui-même, dont le point d’orgue fut la victoire de Christoph Vogelsang aux dépens de Jake Schindler, dans un tumultueux duel de cinq heures qui a valu au vainqueur un premier prix de six millions de dollars et le fait de ramener le titre en Allemagne pour une deuxième année de suite.

Il y a de la souffrance.

Il y a de la joie.

Mais comment continuer ainsi?

Notre élite manquera-t-elle de fonds et quel est l’apport de ce nouvel ordre de vedettes à l’écologie du poker?

Je me suis entretenu avec quelques-unes de ces vedettes pour connaître leur avis et pour ressasser des souvenirs afin déterminer qui ont été les meilleurs évoluant dans la stratosphère ces dix dernières années, avant de terminer en tentant de prédire ce que nous réserve l’avenir.

Bonne lecture!

Les statistiques du Grand Jeu

Les tableaux suivants se basent sur dix ans de données, de janvier 2007 à décembre 2016.

Toutes les données sont tirées de la base de données Hendon Mob et nous remercions Eric Danis du Global Poker Index (GPI) pour les données brutes qu’il a fournies et sans lesquelles cet article n’aurait pu voir le jour.

À l’échelle mondiale, 238 tournois dont le buy-in était d’au moins 25 000 $ ont eu lieu selon le jeu de données, soit 24 événements par an en moyenne. Toutefois, ceux-ci ont été nettement plus fréquents ces deux dernières années, avec une moyenne de 62 événements l’an, en hausse de 88 % par rapport à janvier 2007.

L’examen de la répartition des événements de chaque organisateur révèle que la multiplication de ces tournois est principalement due à l’instauration des Aria High Rollers et à la décision de PokerStars de créer une niche de High Roller.

Voici les 10 plus importants organisateurs d’événements de la décennie, classés par numéro d’événement :

En matière de tournois à fortes mises (25 000 $ et plus), Las Vegas trône au sommet avec 118 événements organisés ces dix dernières années en raison de l’Aria, du Bellagio et de la présence des WSOP.

Récemment, Isaac Haxton a déclaré dans une baladodiffusion de Poker Central que le sentiment de nouveauté des Aria High Rollers s’estompe, mais que la décision de Daniel Negreanu et de Brian Rast d’organiser des tournois à jeux mixtes à fortes mises au Bellagio pourrait raviver la flamme.

Nous aborderons un peu plus loin dans l’article qu’en dépit de l’hégémonie américaine, l’Europe fournit également une quantité non négligeable de joueurs, en particulier des Allemands.

Verrons-nous un genre d’Aria en Europe et le cas échéant, où? Au King's Casino de Rozvadov, en République tchèque? Au Dusk till Dawn (DTD) de Nottingham, en Angleterre? Ces deux endroits sont certainement envisageables, mais ne sont pas Las Vegas.

Je ne crois pas qu’il y aura de mecque européenne. En revanche, je suis d’avis que la concurrence que se livrent PokerStars, partypoker et 888poker rendra plus fréquents les événements à fortes mises en Europe dans les années à venir.

Voici les cinq meilleures régions du monde pour les parties à fortes mises :

Et hors Las Vegas et l’Europe?

Ces dix dernières années, le Aussie Millions a été un incontournable du monde des fortes mises. Les Challenges à 100 000 $ AUD et à 250 000 $ AUD ont conservé une même formule pendant des années, exception faite du minuteur.

Idem pour les Bahamas. Le championnat Bahamas de PokerStars a remplacé le Caribbean Adventure (PCA) de PokerStars, sans toutefois s’accompagner d’une augmentation significative d’événements High Roller au Atlantis.

Il reste donc l’Asie et plus précisément, Macao et les Philippines. J’ai l’impression que l’équipe responsable des Triton Super Series ne fait que s’échauffer et que la tenue de parties à l’argent à fortes mises – particulièrement à Macao – révèle un potentiel pour la tenue d’autres tournois à fortes mises dans ce coin du monde et je m’attends à être témoin d’une croissance dans le secteur.

La hausse de l’activité des tournois à fortes mises à Las Vegas ces dernières années s’explique peut-être par l’absence en ligne de parties à l’argent et de tournois à fortes mises, ce qui force les joueurs à se déplacer pour jouer.

Achat et vente de commandites dans les milieux à fortes mises

Hors de l’Amérique du Nord, les Allemands dominent la scène des fortes mises. Leur suprématie a commencé avec des joueurs comme Tobias Reinkemeier, Philipp Gruissem et Christopher Vogelsang, qui ont régné sur ces événements et plus récemment, avec des joueurs comme Fedor Holz et Rainer Kempe.

Si ces parties existent, c’est parce que les joueurs sont plus susceptibles d’investir les uns dans les autres. Pour Fedor et ses collègues, par exemple, investir l’un dans l’autre ne suffit pas : ils étudient ensemble et leur fréquentation va au-delà du poker.

Ces groupes de poker soulèvent des questions d’éthique étant donné qu’un groupe constitué de joueurs s’intercommanditant de manière égale pourrait jouer contre un loup solitaire extérieur au groupe.

Erik Seidel participe à ces événements depuis le tout début. Je lui ai demandé ce qu’il pensait de la pratique de la commandite et de l’intercommandite et il m’a répondu ne pas s’en faire pour l’intégrité du jeu.

« Je ne vois franchement rien de mal là-dedans », déclare Seidel. « Sur le terrain, presque tous les joueurs ont des commanditaires ou des accords. C’est comme ça que ça marche et je ne crois pas du tout qu’il y ait de la collusion, pas du tout. »

En ce qui concerne la pratique d’intercommandite et son éventuel effet à mesure que les joueurs sont éliminés, Kempe soutient que la transparence est primordiale.

« Bien entendu, ça peut parfois créer de l’inconfort, mais personnellement, je n’ai vécu aucune mauvaise expérience au poker sur table. De plus, je crois que les gens font généralement preuve de transparence quand on leur pose des questions à ce sujet, ce qui porte à croire à leur honnêteté. »

Kempe ajoute que les commandites sont incontournables pour permettre aux pros de participer régulièrement aux parties.

« Je ne crois pas que les parties disputées en Europe, qu’elles le soient sur table ou en ligne, permettent aux gens d’accumuler suffisamment d’argent pour tenter leur chance dans les tournois à 25 000 $ et plus », Kempe a-t-il déclaré. « À court et moyen terme, on dirait que la commandite demeurera la seule façon de faire. De plus, il s’agit d’un marché favorable à l’acheteur, surtout en ce qui concerne les buy-in à 100 000 $ et plus, ce qui fait que des investisseurs peuvent gagner de coquettes sommes. On dirait donc que tout le monde y gagne. Ça se traduit par contre par plus de joueurs et une compétition plus féroce. »

Il y a quelqu’un qui pourrait devoir affronter une table de joueurs qui s’intercommanditent, soit Talal Shakerchi. Cela ne l’inquiète pas.

« Je ne suis jamais commandité, je ne commandite jamais et ça m’est égal si d’autres le font », affirme Shakerchi.

Erik Seidel

Les vedettes des High Roller

Alors, où va tout cet argent?

Voici le palmarès des 10 gains totaux les plus élevés ces 10 dernières années au cours d’événements dont le buy-in était d’au moins 25 000 $.

Dix plus gros gains (y compris One Drop)

1. Daniel Colman - 23 369 660 $

2. Antonio Esfandiari - 20 753 198 $
3. Fedor Holz - 18 841 877 $
4. Scott Seiver - 18 243 613 $
5. Erik Seidel - 17 706 083 $
6. Brian Rast - 17 178 853 $
7. Sam Trickett - 16 642 987 $
8. Daniel Negreanu - 14 251 197 $
9. Elton Tsang - 12 411 124 $
10. Tom Marchese - 10 830 379 $

En excluant les résultats de One Drop, des joueurs comme Daniel Colman, Antonio Esfandiari, Sam Trickett, Daniel Negreanu et Elton Tsang sont exclus du groupe.

Dix plus gros gains (sans One Drop)

1. Fedor Holz - 18 841 877 $

2. Erik Seidel - 17 706 083 $
3. Scott Seiver - 16 563 613 $
4. Brian Rast - 15 557 520 $
5. Tom Marchese - 10 830 379 $
6. Isaac Haxton - 10 521 630 $
7. Steve O’Dwyer - 10 063 192 $
8. Phil Ivey - 9 426 628 $
9. David Peters - 8 798 599 $
10. Bryn Kenney - 8 372 894 $

L’unique survivant à ma décision de ne pas considérer les résultats à One Drop est Scott Seiver, ce qui atteste de la régularité de son rendement ces dix dernières années.

Ce qui est remarquable avec le palmarès des dix (sans One Drop) est l’essor de Fedor Holz. Si on devait nommer un jeune homme qui incarne le rêve de tous les joueurs de poker professionnels, ce serait cet Allemand de 23 ans.

Avant 2015, le record personnel de Holz en gains annuels se trouvait à 202 143 $ et à peine deux ans plus tard, il en dépense autant en l’espace d’un après-midi passé à l’Aria. Holz s’est également hissé dans le palmarès des 10 pour les places payées, sans toutefois figurer ni parmi les 10 les plus présents en table finale ni parmi les 3 plus grosses primes. Voilà qui montre à quel point il s’est montré efficace pour remporter les PLUS GROS prix offerts sur la scène. Holz est un garçon qui sait comment décrocher une victoire.

Une autre personne digne de mention et figurant au palmarès des 10 plus gros gains (sans One Drop) est Phil Ivey. Celui qu’on voit encore comme le Mohamed Ali du poker ne joue pas aux Aria High Rollers et vous ne l’apercevrez pas sur le circuit des tournois de PokerStars.

On a retenu Ivey en raison de son hégémonie aux Challenges à 100 000 $ AUD et à 250 000 $ AUD des Aussie Millions à leurs débuts. Sam Trickett est un autre joueur des plus redoutables sur la scène australienne, mais qui ne participe que de temps aux tournois de l’Aria ou de PokerStars.

Il y a bien un homme dont les résultats sont exceptionnels sur les trois tableaux (tournois du Aussie Millions, de l’Aria et de PokerStars), j’ai nommé l’impérissable Erik Seidel. Il a su résister à l’épreuve du temps, lui qui a affronté les élites passées et présentes. Le New-Yorkais au sommet du palmarès des 10 meilleurs pour les places payées et à celui des 10 plus présents en table finale.

Décrocher un titre est génial, mais le professionnel doit avoir comme objectif de se faufiler parmi ces trois places et Tom Marchese est sans pareil à ce jeu, finissant parmi les trois premiers à 19 reprises (principalement à l’Aria). Précisons que Cary Katz (un amateur) figure dans tous les tableaux des gains (à l’exception des gains totaux), encore une fois en raison de sa constance à l’Aria.

L’argent remporté peut toutefois être de la poudre aux yeux, c’est pourquoi j’ai demandé aux professionnels de nommer certains prodiges. Voici leurs réponses :

« Ils sont si nombreux que c’est impossible de dresser une liste exhaustive », répond Seidel. « Je me bornerai à dire que les résultats de Steve O’Dwyer inspirent beaucoup de respect et même si les pros le savent, je crois toujours qu’on le sous-estime nettement. »

Talal Shakerchi a de bons mots pour Scott Seiver et David Peters et chez les amateurs, il donne une mention particulière à Bill Klein. Finaliste à neuf occasions, Klein s’est classé parmi les trois premiers à cinq reprises, mais il n’a pas remporté un seul événement, mordant la poussière aux quatre duels auxquels il s’est rendu jusqu’ici.

Palmarès des 10 pour les places payées

1. Erik Seidel - 32
2. Tom Marchese - 30
3. Scott Seiver - 29
4. Cary Katz - 27
5. Isaac Haxton - 22
6. Brian Rast - 21
6. David Peters - 21
7. Fedor Holz - 20
7. Steve O’Dwyer - 20
7. Bryn Kenney - 20
7. Jake Schindler - 20
8. Igor Kurganov - 19
8. Byron Kaverman - 19
9. Daniel Negreanu - 16
9. Dan Shak - 16
10. Jason Mercier - 15
10. Jason Koon - 15

Palmarès des 10 plus présents en table finale

1. Erik Seidel - 32
2. Scott Seiver - 29
3. Tom Marchese - 30
4. Cary Katz - 27
5. David Peters - 20
6. Brian Rast - 19
7. Isaac Haxton - 18
7. Jake Schindler - 18
8. Fedor Holz - 17
8. Steve O’Dwyer - 17
9. Bryn Kenney - 16
10. Byron Kaverman - 15

Palmarès des 5 à se classer parmi les 3 premiers

1. Tom Marchese - 19
2. Erik Seidel - 18
3. Cary Katz - 15
4. Brian Rast - 12
4. Jake Schindler - 12
5. Scott Seiver - 10
5. Isaac Haxton - 10
5. Jason Mercier - 10

Gains totaux des amateurs ayant payé leur place (sans One Drop)

1. Stanley Choi - 6 986 352 $
2. Dan Shak - 5 503 940 $
3. Cary Katz - 5 385 787 $
4. Richard Yong - 4 468 293 $
5. Paul Phua - 4 458 243 $

La géographie des High Roller

Afin de démontrer que les États-Unis, la Chine et l’Allemagne ne sont pas les gagnants exclusifs en poker à fortes mises, voici une liste des 56 pays de résidence de joueurs qui ont fait des gains au cours d’événements High Roller des dix dernières années.

Les Grands Jeux représentent-ils l’avenir du poker à fortes mises?

Au début du présent article, je posé la question suivante :

Mais comment continuer ainsi?

Finalement, on dirait que le secteur est très loin de manquer d’argent. Pensons à l’Aria, où même des amateurs comme Cary Katz réinvestissent leurs gains dans le jeu. On a affaire à des habitués et avec des joueurs comme Dominik Nitsche, Adrian Mateos, Sergio Aido, et Jack Salter qui tentent leur chance sur cette scène, l’avenir s’annonce prometteur.

Détenteur des records de place payée et de participation en table finale, Erik Seidel connaît cette scène comme le fond de sa poche et son expérience lui permet d’entrevoir la stabilité de l’économie des High Roller.

« Je crois que Cary Katz et l’Aria ont fait du beau boulot en créant des événements High Roller réguliers. C’est un facteur qui plaît aux pros et aux amateurs », précise Seidel. « Une commission raisonnable, de la bonne bouffe et une chouette atmosphère. Ils font d’autres bonnes choses aussi, alors je m’attends à un avenir radieux. »

Avec des gains de plus de 7,5 millions de dollars au cours de ces parties, Rainer Kempe se classe au 19e rang des gains en argent. C’est pourquoi lorsqu’il s’exprime sur l’avenir de ces parties, on tend l’oreille.

« Il y a une plus forte proportion de gens qui font de l’argent dans les tournois High Roller qu’à tout autre type d’événements étant donné que la commission est nettement plus faible », explique Kempe. « Une majorité de ceux qui n’y font pas d’argent continueront à jouer tant et aussi longtemps que la compétition leur plaira. Parmi tous les inscrits, je ne connais ni homme ni femme d’affaires dont la participation pourrait un jour être remise en cause en raison d’un buy-in trop élevé. »

Talal Shakerchi est l’un des amateurs à prendre part aux parties aux buy-in les plus élevés aussi souvent que lui permettent ses activités commerciales et philanthropiques. Le gestionnaire du Hedge Fund partage l’avis de Kempe : l’impact de la faible commission est important.

« Les événements High Roller fonctionnent présentement grâce au faible pourcentage pris en commission, ainsi que grâce à la participation de quelques joueurs qui sont là pour s’amuser », indique Shakerchi. « De plus, les High Rollers ont souvent lieu durant une série qui attire les joueurs pour d’autres raisons, il n’y a donc aucuns frais de déplacement supplémentaires, etc. »

David Peters

Le Global Poker Index (GPI) a choisi David Peters comme le joueur de l’année en 2017. Classé 15e au tableau du total des gains avec 8,8 millions de dollars en tournois sur table, il ne s’attend pas à ce que les parties se fassent plus rares.

« Je crois que l’économie des High Roller se porte bien et je serais étonné de la voir ralentir dans un avenir proche », soutient Peters. « Il y a suffisamment d’investisseurs dans des joueurs qui ne peuvent payer eux-mêmes acquitter entièrement un buy-in et il y a beaucoup de joueurs amateurs qui aiment se mesurer à d’excellents joueurs et qui en plus, raffolent du jeu. Et nous jouons tant ensemble que tous ces gens qui s’amusent ressentent un fort sentiment de camaraderie. »

À mon avis, Peters aborde là un aspect très pertinent inconnu de tous ceux hors de cette niche. Le poker est fondamentalement un genre de loisir. Au sein d’un groupe réduit dont les membres s’affrontent régulièrement, des liens se forment et on s’amuse davantage aux tables.

Nos éclairés commentateurs sont donc unanimes : les parties se poursuivront. Mais quelle est notre chance de gagner? Tout livre d’introduction au poker vous conseillera d’éviter à tout prix de vous frotter aux meilleurs joueurs et pourtant, les voilà qui s’affrontent de leur plein gré.

« Les parties posent de sérieux défis, mais on peut gagner », estime Seidel. « Cary {Katz} n’est pas un pro et il y a obtenu d’excellents résultats et je ne crois pas que c’est un coup de chance. C’est un super endroit où peaufiner son jeu et pour comprendre où on en est. »

« Encore une fois, cela s’explique par une commission réduite et par des buy-in élevés. Ce qui veut dire que même les gains modestes peuvent s’avérer lucratifs, si vous pouvez tolérer la variance », dit Kempe. « À quel point cette marge est-elle large ou étroite? Il est clair que c’est très difficile à dire. Je suis d’ailleurs convaincu que la plupart des joueurs et des groupes de joueurs posent un jugement biaisé, à un certain degré. »

« Il y a généralement un bon équilibre entre joueurs pros et amateurs. Mais oui, les grosses bourses et le fait de se mesurer à certains des meilleurs joueurs sur l’une des plus grosses scènes est toujours très séduisant », explique Peters.

Ce dernier parle du bon équilibre entre joueurs pros et amateurs et cela me rappelle les commentaires d’Haxton dans la baladodiffusion de Poker Central, au sujet de l’importance de la participation des joueurs amateurs. Talal Shakerchi est du nombre. Je lui ai demandé comment on se sent à entrer en jeu avec l’impression d’être une proie?

« Je ne me sens pas du tout comme ça », répond Shakerchi. « J’y ai joué assez souvent et généralement, je connais environ 90 % des participants, alors je ne me sens pas comme un étranger. Côté proie, j’ai remporté quelques High Roller et j’ai fait des gains à quelques-uns, alors ce n’est pas mon sentiment. Même en ce qui concerne les joueurs amateurs inconnus, les pros qui jouent aux High Roller sont assez intelligents pour leur réserver un bel accueil et pour les traiter comme des participants à part entière. »

Shakerchi se sent chez lui, mais ce n’est pas le cas de l’ensemble des joueurs amateurs, comme en fait foi le choix de Guy Laliberté d’organiser à Monte Carlo en 2016 le tournoi One Drop, réservé aux amateurs et dont le buy-in était à 1 million de dollars. Je demande aux experts ce qu’ils pensent du choix du fondateur du Cirque du Soleil.

« Le problème avec un tournoi restreint, c’est qu’on ignore exactement qui sont les pros », souligne Seidel. « Elton {Tsang}, qui a remporté la dernière édition, est un joueur phénoménal. Il pourrait jouer n’importe où, il est un joueur d’élite. Il a pu participer étant donné qu’on le connaît peu et ce fut le cas d’autres joueurs, alors je ne crois pas que ça marche très bien. »

« C’est une idée qui ne me plaît pas du tout », précise Peters. « Ce genre d’événement devrait tenter d’atteindre un bon équilibre entre joueurs pros et amateurs. Le poker est un jeu à la portée de tous et à mon avis, aucun tournoi ne devrait être restreint. Si une limite existe pour une raison ou une autre, c’est bon, il y en a qui ne pourront participer. Mais mis à part l’exigence du buy-in, le jeu devrait être ouvert à tous. »

« En principe, ça ne me cause aucun problème, mais ça pose deux défis », déclare Shakerchi. « (1) Il y a très peu de véritables amateurs qui jouent les High Roller, alors la participation sera invariablement faible et ensuite, (2) établir des critères stricts d’admissibilité n’est pas une mince affaire. Strictement professionnel signifie que le poker est l’emploi ou le gagne-pain principal de l’individu. Beaucoup de zones grises demeurent et trancher sans équivoque pose de gros défis. »

Christoph Vogelsang - lauréat du SHRB de 2017. Image : Joe Giron

Les plus grands tournois à fortes mises

Ces dix dernières années, 238 tournois à buy-in d’au moins 25 000 $ ont eu lieu. Mais quel est le meilleur événement de tous? Quel est celui qui donne le plus de papillons aux pros et aux amateurs et pourquoi?

« L’Aria à 300 000 $ est désormais sans contredit le plus important tournoi de l’année », affirme Seidel. « De nos jours, impossible même de rêver à remporter le WSOP Main Event. Je parierais sur le fait qu’un joueur précis ne fera jamais partie des November Nine de toute sa vie. »

Rainer Kempe partage l’opinion de cet homme illustre, même si on ne peut l’en blâmer : il a remporté l’événement qui lui a valu 5 millions de dollars l’an passé.

« C’est sûrement le Super High Roller Bowl, non? La structure, la couverture, la commission, les croupiers, les participants... Tout était franchement génial l’an passé. Et j’ai très hâte d’y retourner. »

David Peters et Talal Shakerchi s’entendent aussi sur le fait que le meilleur événement de l’année est le Super High Roller Bowl au buy-in de 300 000 $.

« Je pense que le Aria $300k est le meilleur tournoi de l’année et c’est celui auquel j’ai le plus hâte », confie Peters. « J’adore jouer à l’Aria. C’est très confortable, l’établissement est géré de main de maître, il n’y a aucune commission, l’atmosphère est détendue et les bourses sont titanesques. J’ai vraiment hâte! »

« Le SHR Bowl de l’année passée était bien », croit Shakerchi. « Aucune commission, un ajout de 300 000 $ (2 %) au pot, des attentions aux joueurs et une bonne diversité de joueurs. »

High Roller : synthèse

La communauté des High Roller est un membre important de l’écosystème du poker. C’est là où les l’élite mondiale s’affronte régulièrement, ce qui procure un divertissement adoré des consommateurs du jeu et des diffuseurs de contenu numérique, comme Poker Central, pourraient en faire quelque chose de spécial.

Il est vrai que l’argent ne se rend pas nécessairement jusqu’au bas de l’échelle de l’écosystème du poker, mais elle reste tout de même en son sein. Les pros et les amateurs qui s’affrontent au cours des parties ont l’air d’apprécier et ils ne donnent aucun signe de vouloir quitter le bateau dans un avenir proche.

Les joueurs ne détiennent pas l’intégralité de leur participation, mais on fait preuve de transparence quant aux capitaux investis et c’est là une preuve de respect à l’égard des joueurs.

L’unique souci est de comprendre comment les nouveaux pros peuvent s’inscrire, étant donné qu’il est désormais plus difficile de se constituer un magot en jouant en ligne, en raison des barrières que certains pays – les États-Unis, principalement – ont dressé à l’intention des joueurs de poker professionnels.

Tous ceux interrogés ont exprimé leur soutien des High Roller : ces événements sont positifs pour le secteur. Je suis personnellement tombé amoureux du poker en regardant High Stakes Poker et Late Night Poker à la télé et je dirai donc que j’abonde dans le même sens.

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